Les premiers matins, au moment où l'air est encore vif, ils s'aventurent dans ces rues si joliment ordonnées. Bien vite happés par la meute impitoyable des piétons, ils ressemblent à des fétus de paille balayés par un typhon. Ils sont malmenés, engloutis, rejetés par ce tourbillon bigarré et bruyant. Les promenades au coeur de cette ville hostile et menaçante les vident, les retranchent davantage dans leur différence. Ce monde qu'ils avaientt souvent imaginé riche d'événements et de rencontres leur apparaît bientôt dépeuplé, superficiel, insondable. Au goût amer de la déception s'ajoutent les sentiments d'éloignement et de déracinement.

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