Cette nuit-là, pour la première fois, ils s'étonnent de la dureté du sommier. Aucun des deux ne parvient à se calmer. Fiévreusement, ils retracent seconde par seconde les événements de la soirée. Ils évoquent longuement la sincérité, la simplicité, la largesse d'esprit de cet homme qui les a si bien accueillis. Les échos qu'ils en avaient eu, alors dans leur petite ville du Nord-est, étaient bien ternes en comparaison du personnage réel.
Comme une fleur rabougrie par la soif retrouve de la vigueur à la moindre goutte d'eau, ils redécouvrent l'enthousiasme.
Cette nuit-là, elle ne se tourne pas. Elle ne résiste pas non plus à l' haleine tiède qui caresse ses joues, sa nuque...Et se coule au bas de son ventre. Tel le roseau qui fléchit sous la brise, elle ondule, se convulse et se laisse choir, vaincue. Le sommeil les foudroie.

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