Par un escalier étroit qui grince à chaque pas, ils accèdent à la partie supérieure de la bâtisse. Les rayons faibles et dorés du couchant, filtrés par les fenêtres à claire-voie, confèrent à la salle une atmosphère presque mystérieuse. L'on croirait y voir comploter à tout moment les fantômes des compagnons de sociétés secrètes.
La menue jeune femme, assise sur un tabouret vétuste, promène à l'entour un regard d'abord discret. Elle savoure la boisson parfumée et réconfortante par petites gorgées. En cette saison, il fait bon se réfugier dans des endroits aussi populeux. Une odeur de transpiration, de corps mal lavés lui chatouille le nez. Elle fouille à présent ces faciès un par un. Visages burinés, douloureux, ridés, amènes, mélancoliques, émaciés, mafflus, anguleux. La variété de l'espèce humaine la surprend toujours. Jamais, elle ne s'était livrée à pareil exercice.

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