Elle comprend que de cette observation naîtront de nouveaux personnages. Elle se repaît de ces présences obscures et inconnues. Elle ne rejette plus les particularités, mais sent monter en elle une sorte d'élan passionné pour l'être humain. Qu'il soit vil ou bon. Le malfrat est capable de pleurer en écoutant le son languissant du violon à deux cordes. Ce nabot qui a torturé leur ami à coup de crosse, est peut-être le meilleur des fils à la maison. La haine qui, peu de temps avant, l'habitait, semble s'être émoussée. Une transformation dont elle n'arrive pas à saisir les contours, s'opère graduellement en elle. La souffrance, la mort qu'elle a si souvent côtoyées, l'ont sans doute menée à la tolérance.

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