Jun :
Actuellement, je me sens triste ; j'ai envie de pleurer. Au moment de faire mon courrier, il n'y avait plus d'encre dans mon stylo-plume, et je n'ai réussi à en faire sortir qu'en pompant jusqu'au bout.
Au réveil, mon idée initiale était d'aller à la bibliothèque, en fait, j'ai préféré rester à la maison pensant écrire un peu mais le manque du bruit de tes pas dans l'escalier m'a empêchée de continuer.
En fin de compte, ici, il fait très chaud, en plus, je n'ai aucune occasion de parler avec des gens, ni de lire un livre ou même le journal ; mon moral est au plus bas et lorsque je me promène tout m'est inconnu : les rues et la langue.
Hier, je suis allée au quartier des librairies, Jinbocho, j'avais l'impression d'être totalement coupée d'eux, de me sentir trop étrangère, le claquement des socques qui emplissait la rue est un bruit auquel j'ai du mal à m'habituer. Je me demande comment je vais faire pour continuer de la sorte, avec cette impression d'être un militaire en garnison en Sibérie.
J'ai le cafard tout comme lorsque nous sommes arrivés à Shanghai, j'espère que petit à petit ça ira mieux, sinon, je crains de manquer de patience si je prolonge mon séjour. J'ignore si tu te prépares à partir ou non ? Je suis arrivée depuis prés d'une semaine et ne sais pas pourquoi tu ne m'as pas encore écrit.
Ke est revenu de voyage le 16.
C'est tout pour aujourd'hui, je sors manger ou me balader.
Yin

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