Jun,
Il s'est passé plusieurs jours depuis que j'ai reçu ta quatrième lettre qui m'a aussitôt rassurée par son ton joyeux et l'impression de bonne santé qui s'en dégageait.
J'ai déjà expédié trois chapitres de manuscrits, l'un d'une nouvelle, et les deux autres, d'un genre que je n'ai pas encore défini. En ce moment, je travaille aussi sur un écrit très court que je fragmenterai ou rallongerai, une fois terminé.
On est le 14, tu as dû déjà commencer à travailler, n'est-ce pas ?
Je suis contente que tu fasses autant honneur au poulet.
Tu m'imagines dépressive, n'est-ce pas ? En un an, je ne l'ai été qu'un mois.
Je n'ai pas besoin de t'envier puisque l'année prochaine, j'irai moi-même à Qingdao jouir d'un bonheur rafraîchissant. Je te ferai exiler sur l'ile du Japon.
Yin

Le pays étranger

La nuit : c'est le bruissement des arbres par-delà la fenêtre,
qui résonne à mes oreilles comme le tremblement du sorgho dans la campagne de ma terre natale,
mais non.
C'est le pays étranger,
C'est plutôt le claquement des socques qui, comme une marée, se fait parfois entendre.
Le jour : c'est ce ciel bleu marine,
semblable à celui de l'immense plaine de ma terre natale au mois d'août,
Mais non,
C'est le pays étranger
Où les cigales stridulent avec davantage d'intensité.

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