Jun,
En ce moment, je vis à l'inverse de ce que tu me reprochais, je ne fume plus et ma chambre est bien rangée. Aujourd'hui, pourtant, j'ai fumé quelques cigarettes à moitié, il pleut encore, je n'ai toujours pas reçu de lettre de ta part et en plus, Hua s'apprête à repartir !. Et par-dessus le marché, ces derniers jours, j'ai eu de la fièvre toute la journée au point de me demander, si je n'avais pas attrapé la tuberculose, j'ai compris toute seule que ce n'était pas cela. Mais alors pour quelle raison étais-je fiévreuse ? A en avoir les articulations douloureuses ! Peu de temps après mon arrivée, la nuit, je me sentais mal, j'avais la bouche sèche et l'estomac gonflé...J'ai réalisé que ce devait sûrement être les effets de la fièvre ; il se peut que demain j'aille avec Hua chez son amie étudiante en médecine qui, elle, m'emmènera me faire examiner par un médecin, cela ne me coûtera pas cher, sans doute deux yuans. Si Hua s'en va ces jours-ci, il m'est impossible d'aller le voir seule, pas plus qu'avec Hua d'ailleurs puisqu'elle ne parle pas la langue, tu n'es peut-être pas encore au courant mais son père est gravement malade, elle, n'ayant pas assez d'argent, se voit obligée de rentrer. Probablement vers le vingt-sept.
Après son départ, merde, je vais à nouveau me retrouver sans une connaissance. Car, même si la cohabitation se passait bien, avec l'arrivée de son père souffrant, elle s'est vue dans l'obligation de déménager plus loin chez des amis.
Si mon moral et ma santé s'améliorent un peu, mon désir est de trouver du travail, puisque, en dehors de cela je ne vois ce que je pourrai faire d'autre. Mais aujourd'hui, je ne me suis pas sentie bien, j'avais comme l'impression d'avoir attrapé une insolation, j'étais fatiguée avec un mal de tête insupportable.
Tu ne m'as pas écrit, mon coeur palpite démesurément et le sang coule violemment dans mon corps.
Je te souhaite le meilleur
Yin (la nuit du 22, sous la pluie)
Tu achèteras un recueil de poésie de la dynastie des Tang et me l'enverras

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