Jun :
C'est affreux ! J'ai déjà battu le record aujourd'hui d'avoir rempli plus de dix feuillets. J'en éprouve une grande joie. Mais à l'instant même où je t'écris, un grand vent se lève au dehors et il pleut, la lampe a eu plusieurs fois des faiblesses. Il m'est venu une impression bizarre : et si c'était un tremblement de terre ? Trente mille caractères correspondent déjà à vingt-six feuillets. La foudre n'est pas tombée ! Ce n'était vraiment que des pensées puériles. Mais à vrai dire, je ne me sens pas tranquille, sans doute parce que "tu" n'es pas à mes côtés ?
La lampe s'est encore une fois éteinte. A l'extérieur, les coups de tonnerre donnent l'impression qu'on fend quelque chose!...Il me vient immédiatement à l'esprit un nouveau thème à traiter.
Avant, j'étais indifférente quand il tonnait, maintenant, au contraire, à chaque coup mon âme frémit.
L'âme des gens menus doit certainement être insignifiante, c'est la raison pour laquelle je n'ai aucune estime pour ma personne. J'ai un faible pour ce qui est brut, gros !...
Il est déjà dix heures à ma montre, j'ignore si à l'endroit où tu te trouves il fait aussi du vent et il pleut ?
La lampe vient à nouveau de s'éteindre.
Il ne me reste plus qu'à te souhaiter le bonsoir et à poser ma plume.
Yin
Un soir d'été japonais en août.

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